Le bilan du LAB40
Nouvelles
26 juin 2026
Le LAB40 est un des projets initiés par Regart, centre d’artistes en art actuel pour célébrer son 40e anniversaire. Il voulait faire revivre l’urgence de la création, cette réalité qui s’imposait à la communauté artistique de Lévis dans les années 1980 à la fondation de l’organisme.
Le LAB40 s’est déroulé du 1er au 12 juin 2026. Les deux galeries de Regart étaient réservées aux cinq artistes – Andrée-Anne Laberge, Catherine Sheedy, Émile Couture, Olivier Moisan Dufour et Sarah Lajoie-Asselin – en résidence de création. Le LAB40 avait pour finalité la création de l’exposition estivale dans la galerie principale et la vitrine de la gare du traversier, du 26 juin au 16 août 2026. L’exposition s’intitule Basse mer.
Déroulement
Inspiré de la formule des Kabarets Kino, le comité artistique du 40e anniversaire de Regart a imaginé le LAB40 comme un lieu commun de création. Ce projet a consisté à mettre en place un espace de création intensive offrant des conditions idéales de production à un collectif ad hoc d‘artistes pluridisciplinaires. Les membres du groupe ont été sélectionné·es par un jury de pairs parmi les membres artistes professionnel·les de Regart. Parmi les critères étaient considérés la volonté de travailler en mode collectif et le désir d’apporter une contribution significative au projet. L’équité entre les membres du groupe était une des notions importantes mises de l’avant par Regart, notamment en ce qui concerne l’implication dans la démarche et le temps respectivement investi sur le projet. Dans les faits, il n’y a pas eu de leader dans le groupe : « Tout le monde avait sa place, tout le monde se sentait libre. Ça fonctionnait par consensus. » – Sarah
Une première rencontre a eu lieu un mois avant le début de la résidence, le 4 mai, pour briser la glace et faire émerger des thèmes, des idées et des affinités. Le LAB40 se déroulait sur 10 jours ouvrables. Les repas étaient offerts par le centre, en fonction d’un accord commun sur le menu et les goûts culinaires. Il y a eu rapidement consensus sur le choix d’une nourriture plutôt végétarienne. Des mijotés, soupes et salades ont donc été cuisinés pour le groupe.
Il y a eu fusion des pratiques, notamment par la mise en place d’un protocole de création initié par l’une des artistes, Catherine, qui consistait à aller collecter des artefacts sur les berges du fleuve Saint-Laurent aux marées basses. La communion se faisait lors de ces sorties, ainsi que lors des repas. « Il y a eu beaucoup d’humour et de fou rire, que du positif. Les échanges étaient l’fun. » – Andrée-Anne
Les thèmes
Le 4 mai, Regart a ouvert la discussion en invitant les artistes à réfléchir ensemble sur les thèmes qui les rassemblaient, avec pour point d’ancrage ce qu’invoquaient pour elles et eux les 40 ans de Regart. C’est le rapport au temps qui s’est imposé comme fil conducteur du LAB40, avec les idées de trace, d’accumulation et de sédiment.
Le rapport au temps a donc été exploré en profondeur. Les artistes ont utilisé le LAB40 pour se donner du temps, pour souffler. « Le LAB donnait de l’air. On manque tout le temps de temps. C’était un moment dédié pour créer ». – Catherine
Le LAB40 a permis l’expérimentation. Certaines idées qui murissaient en arrière-plan ont pu se glisser dans les projets. Les moments de découvertes du territoire ont beaucoup été appréciés, des moments de « pause », des sorties sur les berges du fleuve où les échanges et les réflexions émergeaient.
Le LAB40 a donné le temps aux artistes d’explorer leur pratique, de réfléchir.
« Pour moi, ç’a été un retour à l’enfance, pour jouer, faire des liens, sortir de mon cercle habituel. C’était aussi un exercice de lâcher prise. » Sarah
« L’ambiance était comme celle à la maîtrise : plusieurs pratiques à la même place au même moment. On était imprégné par le travail des autres. » Olivier
« Ma création n’était pas préméditée. En cours de route, je me suis rendu compte que je faisais quelque chose d’excitant et nouveau. Ça s’est fait tout seul, je n’ai fait que constater et j’ai aimé ça. » Émile
« Dans l’exposition, il y a un clin d’œil au paysage, il y a un rapport à l’extérieur et à nos promenades ». Catherine
« C’était un espace de liberté dans un contexte idéal. C’est un coup de cœur : les rencontres, les réflexions, voir la pratique des autres… c’était stimulant. C’était une obligation de prendre une pause, un temps réservé pour créer dans l’urgence, c’était riche. Un beau contraste entre l’idée de ralentir et la nécessité de créer ». Andrée-Anne
Pendant la résidence, l’émission Réfléchir à voix haute diffusée sur les ondes de ICI Première de Radio-Canada et sur la plateforme Ohdio (Jean-Philippe Pleau, 31 mai 2026) a abordé le sujet des traces. « C’était une synchronicité étonnante avec notre travail ». Olivier. Cette émission a nourri le projet et leur pratique, « pas directement, mais ça supportait nos idées ».
Le mot de la fin? « Des rencontres humaines, c’est toujours la joie. C’est pour ça que je fais ce travail. Que du positif.» Émile