Lévis, 10 mai 2022 | Le Centre Regart est très heureux de recevoir à nouveau Jean-François Prost pour présenter son projet d’exposition Infralois et les architectures du commun, une proposition qui prend place dans le cadre de la programmation Décroissance. Du 13 mai au 12 juin, l’artiste interdisciplinaire de Montréal investit l’espace de la galerie principale avec ses propositions issues de la réflexion collective entamée à l’automne dernier sur les territoires urbains. L’expérience artistique est à la fois installative et participative.

– Le 11 juin, le public est invité en galerie pour le brunissage en compagnie de l’artiste.-
 
Dans Infralois et les architectures du commun, Jean-François Prost détourne une carte de l’immense territoire de la Ville de Lévis et déploie une installation en forme d’arc dans l’espace comportant une sélection de lois accessibles pour consultation au public. Des accents de couleurs et de textures dans les vitrines de la galerie inviteront les passants du secteur et le public à participer à la réalisation d’une dizaine d’interventions dans la Ville de Lévis. 
Pour Prost, le cadre juridique comme objet de réflexion créatif permet d’approfondir le rapport à des règlements qui régissent la ville et l’utilisation de divers types de lieux. Ainsi, le champ de recherche et d’exploration est à la fois un espace d’action direct et indirect sur le milieu de vie du point de vue artistique, politique et social. Historiquement, de nombreuses lois ont été élaborées pour favoriser l’exploitation économique des ressources (naturelles et humaines) et accroître le capital. Aujourd’hui, des règlements empêchent et restreignent l’usage de l’espace public ou privé et limitent le pouvoir d’action et la capacité de cohabitation et de (co)définition de l’architecture et de l’aménagement des villes.
 
Les infralois échappent au visiteur occasionnel et touchent une dimension imperceptible au-delà de l’apparence visuelle et de la symbolique d’un espace ou d’une situation. Ces lois insoupçonnées influent sur le caractère ou la temporalité interstitielle d’un environnement en promouvant leur praticabilité. À titre d’exemple, si de nombreux terrains vagues intéressent les artistes, leur potentiel est radicalement distinct d’une région à l’autre suivant leur législation. D’autres lois peuvent au contraire encourager un meilleur partage et emploi des ressources disponibles, conserver ou accroître l’accessibilité aux biens communs, protéger les droits fondamentaux territoriaux et communautaires, réduire les inégalités et promouvoir une écologie urbaine et une créativité collective et individuelle locale, entraînant l’adaptation de réalités en manque d’action.
Par le biais du processus d’exploration des lois en relation avec l’imaginaire, le projet Infralois et les architectures du commun cherche à susciter une expérience et une connaissance plus complexes et nuancées d’un milieu de vie à postériori ouvert au dialogue, à la contestation ou à la reconfiguration des lois existantes.
 
L’artiste remercie les 13 participant·es des trois ateliers infralois qui ont eu lieu à l’automne 2021 à L’Autre Gare pour leurs réflexions et observations, ainsi que Georges Audet pour ses conseils.
 
– INVITATION AU PUBLIC –
 
Du 13 mai au 12 juin, sept hamacs faits à la main aux couleurs vives et très visibles – rose mexicain, vert lime, bleu azur et jaune mangue – seront disponibles au public. L’artiste les met à la disposition des individus pour une durée limitée afin qu’ils et elles les empruntent et les installent sur le territoire urbain ou rural de Lévis. Il est demandé aux volontaires de documenter leur “occupation” de l’espace public à l’aide de photographies personnelles. Regart publiera progressivement ces images sur les réseaux sociaux. Ces actions visent à suggérer ou revendiquer une nouvelle vocation au lieu choisi ou encourager le flânage et l’arrêt pour construire un nouvel imaginaire dans la zone ciblée par les participant·es.
 
Biographie

Jean-François Prost est un artiste interdisciplinaire diplômé en architecture; il s’intéresse aux territoires urbains de recherche en marge des zones investies habituellement : qu’il s’agisse de lieux (ou situations) négligés, indéterminés ou d’autres surcontrôlés et sans spécificité apparente. Les actions proposées abordent la notion de l’art à titre d’acte de résistance, d’état d’esprit et de dispositif pour énoncer ou échanger des idées. Ses actions artistiques, ateliers et livres sur les concepts Hétéropolis, Arrêts et récemment La fête abordent les enjeux de la mixité urbaine, des droits à la ville et d’une participation citoyenne active à travers une (co)architecture et une (co)définition du milieu de vie. Il est le fondateur d’Adaptive Actions et le co-fondateur de l’atelier SYN-.