Les guerrières

Carole Thériault

Résidence - L’Autre Gare

21 septembre 2026 - 11 octobre 2026

Quatre sculptures faisant partie d’un projet “LES GUERRIÈRES”.

Dans ce projet, j’ai cherché à créer un équilibre dans l’ensemble de la composition avec une esthétique expressionniste, brute voire primitive. J’ai également voulu apporter une certaine dichotomie entre les matériaux et la candeur qu’elles suggèrent pour éviter les biais cognitifs avec le sens des mots guerrières et barbare. Les noms donnés, avec désinvolture, à chacune des sculptures, font qu’elles dégagent une présence de douceur et de légèreté malgré toute la ferraille avec laquelle elles sont construites.

Ferraille et bois de grève, jute, grillage, pièces en fonte et quelques artéfacts.

Technique par assemblage.
Chaque morceau de ferraille et de bois a été assemblé avec de la résine de polyester et de la fibre de verre pour donner une plus grande solidité que la soudure, à cause de la rouille et des différents alliages contenus dans chacune des pièces de fer ou de fonte. Ensuite, les pièces de ferraille et le bois sont traités avec un verni mat à l’huile pour éviter la corrosion.

Ma démarche artistique est avant tout un cheminement personnel, profondément ancré dans une suite phénoménologique. Elle prend sens quand une forme nait à travers un processus de questionnements, de rêveries et de compréhension, ou non, du monde qui m’entoure. C’est aussi l’expression d’un sentiment, une émotion, une pensée voire une parole indicible.

C’est à partir d’une image archétypale qui m’habite depuis longtemps, celle de la guerrière, que l’idée m’est venue d’en réaliser une, puis deux et trois… Mettre en scène cette figure qui représente pour moi, l’instinct de survie, le combat intérieur, la résilience face aux épreuves, a été un véritable défi. Au fil du temps, l’idée première a pris la tournure d’un enchaînement ordonné de pensées et de connaissances qui s’entrecroisent à travers différents paradigmes tels que la notion du temps, du sacré et de la place de la femme dans la civilisation. Mais c’est aussi le besoin d’exprimer mon ressenti, ma perception, mes impressions à une époque charnière et en perte de repères. Comme un désir de retourner au primitif, à l’essentiel et ce qui est vital !

À partir de là, j’ai voulu inscrire ce mouvement par un geste significatif en modifiant le nom de mon site internet L’ATELIER 360 DEGRÉS par L’ART BARBARE ou l’âge de la ferraille.

Cela implique donc la volonté de poursuivre cette expérience de création qui m’a menée sur une voie très personnelle, voire intime. Telle une quête de sens, cette attirance pour des matériaux choisis comme ” s’ils étaient venus à moi ” et avec lesquels je travaille depuis plusieurs années, n’est pas anodine. Ces matériaux, la ferraille et le bois de grève, ont la particularité de symboliser le passage du temps dans les traces de l’homme.

Carole Thériault

Artiste

Originaire de Québec, Carole Thériault s’intéresse à la sculpture depuis 1976, année où elle entreprend des études à l’École de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli. Après une formation en bijouterie à Québec au début des années 1980, elle travaille dans différents ateliers et à la galerie André Bécot avant de poursuivre une carrière en soins infirmiers, qui la mènera à Genève dès 1991. Elle y développe parallèlement sa pratique artistique et explore la sculpture à travers le bois, le plâtre, la terre, le grillage, les os, le papier mâché et le fil de fer, notamment lors de formations en sculpture à Annemasse, en France.

De retour au Québec en 2019, elle reprend pleinement sa recherche en sculpture. Sa pratique s’articule principalement autour de l’assemblage de matériaux variés, notamment la ferraille, qu’elle travaille par collage, peinture et soudure. Depuis 2022, elle poursuit sa création à l’Atelier 360 degrés, à Lauzon. En 2024, elle complète également une formation en soudure à l’École des métiers d’art de Québec.